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Archive for the ‘citation’ Category

Pour aujourd’hui, n’ayant pas le coeur pour une analyse, un très bel emblème de l’amitié du poète bisontin Jean Jacques Boissard.

L’amitié faut ou naist ingratitude. SI tant est qu’aymer ne soit autre chose qu’un perpetuel consentement de volonté, & une inclination à procurer le bien & l’honneur de l’amy, sans esperance de pareil, ceus usurpent injustement le tiltre d’amy, qui, par une vilaine ingratitude poursuivent opiniastrement leur seule utilité en tout temps, & par tout, sans qu’ils rapportent en commun, ny de fait, ny de volonté de quoy faire ressentir l’amy. Ce n’est moindre inhumanité de se comporter ingratement, & ne recognoistre un bien receu, pour user de revanche, que c’est un insigne vilainie de se monstrer indigne de l’avoir receu. Car qui se cognoist obligé par un plaisir, le doit recognoistre par la prestation d’un autre: & la mise s’en doit faire à coeur ouvert, & de pareille volonté que la recepte. Lasche est celui qui sçait bien prendre, & toutesfois ignore la façon de rendre. Accroistre son bien des benefices d’autruy, & n’eslargir rien de son costé, quand les moyens le permettent, est plus contraire à l’humanité que beaucoup d’autres imperfections, & trop indigne de l’honneur dont les gens de bien font profession: Que si les moyens manquent, faut y suppleer par humbles remerciemens, & recevoir l’impression du bon office pour s’en souvenir, & eviter l’ingratitude: car si nous sommes menez de raison, nous nous contenterons tousjours d’une volonté franche & libre en celui qui nous est obligé, si tant est qu’il n’ait pouvoir de venir aus effects.

amitie

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Le masque de l’Amazone

image037Si vous ne les connaissez pas, je vous recommande très chaudement les Lettres à l’Amazone de Rémy de Gourmont ! L’Amazone, Natalie Clifford Barney, tenait salon littéraire dans son fameux « Temple de l’Amitié », un petit temple situé dans son jardin à Paris rue Visconti (et qui apparaît dans le Feu follet de Louis Malle) dans lequel Paul Valéry a pour la première fois lu le « Cimetière marin ». C’est dans ce salon qu’elle a organisé un soir en 1911 un bal costumé, le « bal paré » avec Rémy de Gourmont qui propose cette petite réflexion sur le masque :

Un bal paré, entre personnes distinguées, n’est aucunement un plaisir médiocre. En se travestissant, les hommes se manifestent avec plus de vérité que sous l’uniforme habit moderne ; les goûts se font voir ingénument, s’avouent avec bonheur. C’est peut-être dans la vie quotidienne que les hommes portent le loup le plus opaque et le déguisement le plus absolu. C’est bien ainsi. Remets ton masque de chair, amie, voici les autres.

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